Un constat qui inquiète les jeunes diplômés
Depuis deux ans, les développeurs juniors ressentent un marché plus dur que leurs prédécesseurs. Ce n'est pas une impression : selon une analyse reprise par Le Monde Informatique citant les travaux du Stanford Digital Economy Lab, les postes de développeurs de 22 à 26 ans ont reculé d'environ 20 % en France, alors que l'emploi tech dans son ensemble continue de créer des postes (environ 5 100 emplois créés dans le secteur technologique et 5 900 dans les services IT et le développement logiciel en février 2026).
Autrement dit : le marché tech recrute toujours, mais de moins en moins par la voie d'entrée traditionnelle.
Pourquoi les missions juniors sont les premières touchées
Les tâches confiées historiquement aux développeurs juniors, écrire du code répétitif, corriger des bugs simples, implémenter des fonctionnalités déjà spécifiées, sont précisément celles que les assistants IA exécutent le mieux aujourd'hui. Selon le Stack Overflow Developer Survey 2025, 84 % des développeurs utilisent désormais un assistant IA au quotidien dans leur travail.
Côté entreprises, l'anticipation est claire : une étude IDC pour Deel (fin 2025) montre que 67 % des employeurs français prévoient de réduire leurs recrutements de profils débutants dans les trois prochaines années, et 83 % anticipent des suppressions de postes liées à l'IA. Gartner, de son côté, estime que 40 % des applications d'entreprise intégreront un agent IA d'ici fin 2026, contre 5 % seulement à la mi-2025.
Un bémol toutefois : une étude Resume.org indique que 59 % des entreprises reconnaissent qu'elles pourraient invoquer l'IA comme prétexte pour geler des recrutements ou supprimer des postes, indépendamment de son impact réel. Une partie du ralentissement tient donc aussi à un effet d'aubaine budgétaire, pas uniquement à une automatisation effective.



